– Qu’est qu’il s’est passé ?

– Ma maman a froid.

 

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Il y a 7 points à prendre en compte pour décider de couvrir ou non.

Dans cet article, je ne vais pas parler des chevaux tondus. Il est évident que ces derniers ont besoin d’une couverture. Même si, pour moi, c’est une aberration de tondre si le cheval vit sans chauffage. Les chevaux tondus se transforment limites en humains sans poils donc, oui, ils ont froid.

Et oui, ils ont surement trop chaud s’ils galopent dans leur pré avec une grosse Canada Goose. Puis, bien sûr, trop froid quand il dorment et ne bougent pas.

Ce que je pense : au pré , tondu = Hors de question. Car, je sais très bien que l’on ne vit pas h24 avec son cheval et que l’on ne peut, ainsi, pas gérer les couvertures en fonction du temps, toute la journée. C’est impossible.

Je vais donc parler du cas des chevaux non tondus.

 

1. On couvre en fonction des températures

 

Voici un résumé de ce que l’on retrouve pour les grammage, en fonction des températures.

 

Température (en degré Celcius)Choix de la couverture
Au dessus de 14On ne couvre pas quelque soit la température car le cheval aura trop chaud, transpiration ou pas. Un effet sauna inverse peut se faire. C’est dangereux.
Entre 8 et 14On ne couvre pas ou 50 grammes max si pluie, vent.
Entre 0 et 7On ne couvre pas ou 100 grammes max.
Entre et 0 et -10On ne couvre pas ou 250 grammes max.
En dessous de -10Peu de chance que ça arrive en France plus d’un jour de suite.

Ce tableau indique que, si les températures varient tous les jours, il faut changer les couvertures tous les jours. Ce n’est pas parce que l’on est passé à la 100g depuis une semaine, qu’il va faire beau un seul petit jour, puis froid le lendemain, qu’il ne faut pas changer la couverture ce seul petit jour. Car oui, le cheval supporte moins bien la chaleur que le froid. Comme nous au final. Imaginez-vous sous la neige avec votre doudoune et, tout à coup, il fait une chaleur monstrueuse, je vous met au défi de la garder. On leur impose la couverture, à nous de gérer les températures !

Je me permet de faire de l’anthropomorphisme dans le cas de la chaleur car il est connu que les chevaux ont vraiment du mal avec les températures élevées. Nous ne supportons pas non plus la chaleur donc nous pouvons facilement nous mettre à leur place. A l’inverse, nous sommes très loin de comprendre comment il ressentent le froid. Ils sont très bien entre 5 et 25 degrés et n’auront très froid qu’en dessous de 10 degrés. Chez les hommes, en dessous de 20, beaucoup quittent leur zone de confort si pas de veste.

Pour tester si notre cheval à froid ou chaud sous sa couverture, c’est très simple ! Si on met notre main dans la couverture et que le corps est chaud, c’est qu’il a chaud, si c’est froid, c’est qu’il a froid.

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2. On couvre en fonction de la météo : pluie, soleil et/ou vent

Dans les 10 degrés, s’il n’y a pas de pluie et de vent, c’est indiscutable, le cheval sera bien mieux sans couverture.

A l’inverse, à peine à 15 degrés, un vent violent, couplé à une forte pluie, nous amènera à nous poser des questions.

Nous lisons beaucoup que le cheval n’a pas “froid” quand il tremble. Que ce serait un mécanisme normal pour se réchauffer. Certes. En attendant, pour les chevaux secs, type Pur Sang, loins de la morphologies des robustes Fjords, nous n’avons pas trop envie que ces derniers utilisent leur peu de réserves graisseuses pour se garder au chaud. Nous voulons éviter qu’ils maigrissent inutilement. Dans ces cas, il serait judicieux de mettre une imperméable. Cela leur permet de faire leur petite vie tout en conservant leur énergie.

De plus, il est évident que lorsque l’on voit un cheval, à l’arrêt, dos au vent, tête basse, trempé de pluie et trembler de tout son corps, l’instinct, et non les connaissances, nous fera comprendre qu’il va mal. Le sécher et le couvrir ne pourra que lui faire du bien. J’évite un maximum de couvrir ma jument mais, quand je la vois dans cet état, je me sens propriétaire indigne. C’est mon devoir de la réchauffer. Ma petite PS toute fragile.

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3. Si on couvre, on empêche la pilo-érection

Le phénomène de pilo-érection, soit hérissement des poils, permet d’augmenter l’épaisseur des poils de 30%.

Quand il fait froid et que nos chevaux se transforment en nounours géant, instantanéments, c’est la pilo-érection. Certains propriétaires vous diront que leur chevaux font du poil dès qu’il fait froid. Que neni, ils font de la pilo-erection pour se protéger. Car, il est bien connu que le poil d’hiver se fait en fonction de la lumière du soleil et non des températures. Les chevaux peuvent faire un poil trop importants dans des pays où il fait 30 degrés toute l’année.

Bref…

La pilo-erection permet au cheval de combattre le froid sans énergie et surtout, de ne tout simplement pas avoir froid. Si on met une couverture, on l’empêche. Le cheval se retrouve avec le poil aplati. Il ne peut donc compter que sur sa petite épaisseur de poils et sa couverture pour se protéger du froid. Sa zone de confort est donc réduite.

Le cheval ne peut plus se gérer seul. C’est ici que nous devons intervenir car il dépend de nous et nous nous devrons gérer les couvertures en fonction des températures.

Si on veut éviter ces problèmes, on le laisse à poil et basta. Il nous en remerciera.

Cela fait 8 ans que j’ai ma jument et je constate que cette dernière a moins de mal à conserver un bel état quand elle est nue. Beau poil, bien ronde. Avec une couverture, elle semble bien moins belle. Je n’ai que ma jument en référence donc ma théorie semble plus que burlesque mais je commence vraiment à penser que la couverture empêche tellement les chevaux de se gérer qu’il peuvent ne pas se réchauffer quand ils ont froid ou, à l’inverse, avoir trop chaud si trop couverts. Je pense faire le test en ne couvrant pas ma jument l’année prochaine. Ceci n’est qu’une hypothèse, je n’ai trouvé aucun article sur le sujet. Je compte donc tester cela pour valider ou invalider ma théorie. Mais, le facteur travail est, en plus, à prendre en compte.

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4. On peut couvrir si on travaille son cheval

Si on souhaite travailler son cheval, on peut décider de couvrir pour plusieurs raisons :

  • On le couvre pour éviter qu’il fasse trop de poil. Plus tôt dans l’année le cheval sera couvert, moins il aura besoin de poils d’hiver, moins son corps en fera. Cela évite de passer par la case tonte. Cela évite également que le cheval ne soit trop poilu pour travailler. Trop de poil empêche de travailler son cheval. Il sera vite en nage. Pour moins de transpiration et un travail régulier, il est difficile de faire courir un ours polaire. Travailler avec une grosse doudoune relève du défi. Réduire la production de poils d’hiver est donc une solution pour le cheval de travail qui aura un minimum de poil pour se protéger du froid. Après, pour éviter la transpiration, mauvaise pour le cheval en hiver, il faut également adapter le travail. Nous devons demander moins à nos ours polaire. On devrait le moins possible avoir à faire sécher nos chevaux après une séance en hiver. En ce qui me concerne, je n’attends pas que ma jument soit trempée pour arrêter sa séance. Après, il lui en faut beaucoup pour transpirer en hiver. Je suis souvent fatiguée bien avant elle.
  • Si on vient monter son cheval plusieurs fois par semaine, notamment, tard le soir, il est difficile de passer plus d’une heure à enlever toute la boue. Si elle est sèche, cela peut passer… Mais, boue + eau = on a vite tendance à vouloir abandonner sa séance. Cela révèle du masochisme que de passer ses soirées à panser son cheval dans le froid glaciale. Et enlève toute vie sociale ou même non sociale… Couvrir son cheval est donc une solution plus que pratique pour pouvoir continuer de le maintenir en forme physique par tout temps, sans perdre sa vie. Cela est extrêmement égoïste, c’est certain. Je ne cache pas que c’est une de mes raisons. Le gain de temps est non négligeable. On passe du temps à bien s’occuper de son cheval plutôt qu’à l’agresser 30 minutes voire plus, à l’étrille américaine, avec les morceaux de boues durs. Avec une couverture, il n’y a plus que l’encolure à nettoyer, si pas de couvre cou.

Au final, travailler son cheval en hiver est un besoin assez égoïste si on n’adapte pas nos séances à leur épaisseur de poil. Obligés de mettre la couverture pour notre propre confort : continuer des séances intenses, ne pas perdre du temps à nettoyer son cheval. Cela remet encore en questions notre rapport avec le cheval.

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5. On couvre selon le type de couverture

Les bonnes couvertures ont un prix. Il n’y a pas qu’une raison d’image de marque dans l’application du prix.

Nous ne sommes pas dans le monde du luxe où le sac Louis Vuitton n’est cher que pour son image de marque. Dans le monde des couvertures, à force d’essayages, à force d’études, de feuilletages de revues et de googlelisations, j’ai constaté un quelque chose de complètement différent : l’image de marque, on s’en fou !

On veut de la qualité. Le prix n’est donc pas là car on souhaite la dernière Horseware à la mode, le prix est là car on souhaite la meilleure couverture pour notre cheval, qui peut se retrouver  bien plus de 24 heures de suite avec le même vêtement.

Un vêtement avec lequel on fait tout et qui reste longtemps sur nous, se doit être de qualité. La marque ne change rien. On ne peut donc pas dire qu’une couverture est cher pour sa marque. Si elle est cher, c’est peut-être parce que sa résistance, sa respiration, ses coutures, son denier, son grammage, son imperméabilité et sa légèreté justifient son prix.

Je ne dépense pas d’argent pour ma jument inutilement car j’ai vieilli mais, s’il y a un domaine dans lequel je ne radinerais jamais pour elle, ce sont bien les couvertures. J’ai besoin de savoir qu’elle est bien dans sa couverture.

Je sais pertinemment que dans un sac poubelle, elle se retrouvera vite mal et transpirante. Je sais qu’une mauvaise couverture non respirante est à proscrire. Je ne veux pas non plus qu’elle se retrouve trempée sous sa couverture en cas de pluie.

Je lui impose un vêtement donc je lui achète quelque chose qui lui convient.

Si c’est pour lui mettre une vieille couverture qui tourne, trouée et non respirante, autant la laisser à poil et tranquille.

Vous allez me dire qu’il existe sûrement des bonnes couvertures pas cher, je ne les connais que lors des périodes de soldes.

En ce qui me concerne, je suis pour les couvertures Horseware qui ont le moins de coutures possibles, pas de pli d’aisance, pas de courroie de cuisse et toutes les caractéristiques demandées. Elles ne bougent pas et sont incroyablement imperméables. Rassurant !

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6. Un cheval couvert est moins libre

Quand j’enlève la couverture de ma jument et que je la remet au pré, elle se roule directement. Quel message m’envoit-elle là ?

Je pense que c’est très clair, un cheval couvert est bien moins libre. Il ne peut pas ressentir son corps comme à son habitude. Se gratter devient difficile, les frottements lors de ses mouvements peuvent être dérangeants et le limiter. On retrouve d’ailleurs souvent les chevaux avec de beaux manques de poils aux épaules.

Voilà une des raisons pour laquelle je pense que mettre une couverture n’est pas du tout agréable pour le cheval. Evitons donc de la mettre sauf si nous n’avons pas le choix.

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7. Tous les chevaux ne sont pas pareils

Quoi qu’il en soit, il y a pleins de raisons pour lesquelles on devrait mettre ou ne pas mettre une couverture. Ce que je pense, est que tout reste différent en fonction du cheval. Un cheval dans le sang sera toujours plus sensible et “fragile” qu’un cheval froid. Ma jument sera toujours moins résistante que son copain fjord. Je ne peux malheureusement pas contrer la nature. Bien que ma jument n’est pas été créée par la nature mais par l’homme… Pour être plus rapide aux courses… L’homme a, comme dans le monde des chiens, été tellement concentré à créer les animaux les plus beaux, les plus rapides, qu’il en a oublié le côté robuste. Nos chevaux de race, si l’on peut dire comme ça, seront donc toujours plus sensibles pour un rien. C’est notre devoir de les protéger.

Tous les chevaux sont différents, même dans leur race, à nous de nous adapter à eux et de répondre à leurs besoins, selon ce que l’on leur impose.

Je pense avoir abordé tous les points. Si vous voulez commenter, ajouter des points ou m’aider sur un point dans lequel vous pensez que c’est nuançable, n’hesitez pas dans les commentaires, ils sont fait pour ça.

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